La salle Cachalot du MuMa Le MuMA, Musée de Mayotte, projet de musée départemental lancé en 2015 et actuellement en phase de préfiguration, a réussi à s'implanter de manière durable grâce à une politique régulière d'expositions dans la Caserne de Dzaoudzi, sur Petite Terre. Cette initiative a permis de constituer une collection riche en témoins patrimoniaux naturels, archéologiques, historiques et ethnographiques, tout en favorisant l'étude du patrimoine, l'organisation d'expositions thématiques et la mise en place de programmes de médiation. Le MuMA a obtenu le label « Musée de France » dès 2018. La politique de préfiguration enclenchée avec la création du MuMA a permis d'installer le projet du musée de façon effective et durable, permettant de traiter plus d'une quinzaine de sujets, de constituer les collections afférente, de les enrichir, de les étudier, de les exposer et de les animer auprès des différents publics, dont les jeunes et les scolaires. Plusieurs sujets représentatifs de la culture et du patrimoine mahorais ont été traités : de la nature avec les richesses des mondes marins et la fragilité des écosystèmes (coraux, mammifères, poissons…) aux cultures orales (plurilinguisme, sagesses mahoraises, debaa des femmes…), en passant par la vie quotidienne (à travers le duka, plus qu’une épicerie, la chambre de la femme, fuko laju), sans oublier l’art de vivre au masculin (djoho et apparat masculin) et au féminin (msindzano, bijoux), ou encore les savoir-faire techniques (les Mama Shingo de Bandrele, l’atelier de bijouterie). La place de l’éducation n’est pas en reste avec l’école coranique, une école de vie, et les valeurs de vivre-ensemble (adabu, respect ou hishima, révérence), etc. L'interdiction d'accès au bâtiment pour des raisons de sécurité, suite aux séismes de 2019, a temporairement interrompu cette dynamique. Cependant, l'activité scientifique de l'établissement, incluant enquêtes, collectes et documentation, inventaire, traitement des collections se poursuit activement, ainsi que les actions hors les murs, sur site et ailleurs. Grâce aux travaux de recherche du MuMA, l'emblématique Mawlida shenge et le Debaa des femmes, véritables ambassadeurs de la culture mahoraise, ont bénéficié de l'inclusion au patrimoine national immatériel en reconnaissance.